Sous les apparences,

05 mai 2012

Appel au peuple...

Les Copains,
Un déplacement pro m'emmène à Paris en fin de semaine. J'ai décidé de faire d'une pierre deux coups, ah ah, pour me faire une petite soirée parisienne.

Je suis donc à la recherche d'un hôtel sympa, caaalme, pas trop cher, et d'une soirée théâtre.

Je n'ai pas vraiment le temps de passer trois jours à chercher, ni pour le lieu, ni pour le spectacle. Si vous avez des bons plans à partager, je suis preneuse.

Merci d'avance.

 

ps - je reviens bientôt vous raconter l'escapade catalane à la recherche d'un terreau propice à l'enracinement..

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23 avril 2012

Dix neuf virgule six...

19,6 %... 19,6 %... Voilà ce que mon cerveau répète en boucle depuis quelques minutes, plus précisément depuis que mes yeux ont lu, incrédules, le score du FN dans le village de mon enfance...

Non mais putain, 19,6% quoi... Quasiment un habitant sur cinq dans le village de mon enfance a voté FN... Le village de mon enfance, 1100 habitants grosso modo, activité agricole très majoritaire, je ne suis même pas sûre qu'une seule famille d'immigrés réside sur la commune... en dehors des réfugiés espagnols qui sont là depuis cinquante ans, et on même francisé leur nom de famille.

Putain, 19,6...

C'est bien la preuve que le problème est ailleurs... c'est bien la preuve qu'à considérer ce parti comme un parti "normal" n'est pas la solution. C'est bien la preuve que la situation économique de la France provoque un tel désespoir, une telle déshérance que les français sont prêts à confier leur âme au diable. C'est bien la preuve, aussi, que ce changement à la tête du parti et le discours policé qui s'en suit est profondément dangereux. C'est sans doute également la preuve que la vie politique, telle qu'elle est aujourd'hui, doit subir un très profond relooking, jusque même dans ses valeurs...

19,6... Hier soir, alors que je pavanais au téléphone avec l'Homme aux yeux incertains (oui, c'est le mot, je pavanais car samedi matin, alors que nous débattions sur le vote utile, je lui avais donné l'ordre d'arrivée, et avec des pourcentages pas très loin pour Bayrou, le Front de Gauche et la fille du père -hu hu hu), une profonde affliction m'étrégnit et ce matin, la nuit ayant été difficile, je suis encore KO debout.

Je suis confiante. Je pense que le Nain va devoir faire un tel grand écart entre les voix de Bayrou et celles du stylo que nombre de voix de droite vont se reporter sur Hollande, et qu'il passera au deuxième tour. Même si l'Autre me dit sans cesse que le PS c'est "donne moi ta montre je te donnerai l'heure" (cette phrase me fiche hors de moi, comme vous pouvez l'imaginer), je pense que nous avons une chance, une seule, celle de refonder quelques espoirs si Hollande met ses pieds dans les valeurs fondatrices du socialisme, dans les valeurs fondatrices de la République... et que le concept de république monarchique disparaisse de la vie politique, en même temps que Sarkozy.

QUoi ? Qui a parlé au fond de la salle ? Qui a dit que c'était pas gagné ?

N'empêche que merde, 19,6% dans ce petit village au pied du Mont Gargan... Merde quoi !

 

Posté par Reve_d_ete à 07:48 - - Commentaires [4]
20 avril 2012

Le temps passe...

... et le tourbillon s'accélère. L'envie d'écrire est toujours là, chevillée au corps, pleine, entière. Des idées diverses m'effleurent à divers moments de la journée, et je passe à autre chose. Pourtant, ça bouillonne souvent sous mon crâne.
Ecrire sur la fuite en avant de notre société, sur mon angoisse à envisager notre système de santé dans cinq, ou dix ans... Ou lorsque les restrictions budgétaires de l'assurance maladie génèrent elles-même des dépenses conséquentes...
Ecrire sur mon écoeurement face aux errements de notre société quant à l'accompagnement, et le financement, de la grande vieillesse, comparée au handicap âgé. Pourquoi, dans un cas, laisser 1800 euros à la charge des familles avec un prix de journée à 73 euros, dépendance comprise alors que dans l'autre, le prix de journée est à 185 euros, mais seule 70% de l'Allocation Adulte Handicapé reste à la charge de la famille ? Evidemment, la contrepartie, 58 ETP pour 92 résidents d'un côté, 41 pour 32 résidents de l'autre. Cette injustice est intolérable... insupportable... inadmissible. Le militantisme me reprend...
Ecrire sur cette conférence extraordinaire, hier soir, à Poitiers, avec Michel Billé sur le grand âge. La perspective de l'accueillir au sein de l'EHPAD dans le cadre de la semaine Alzheimer fait frétiller mon cerveau d'avance.
Ecrire sur ces élections qui me laissent de marbre même si, évidemment, au fond de moi, j'espère que Sarkozy et ses guignols vont être balayés, violemment. Dans le même temps, Hollande me laisse à peu près de marbre et je ne crois pas qu'il ait la poigne assez ferme pour redonner la voie à suivre.
Ecrire sur les longues discussions avec l'Homme aux yeux incertains qui s'est mis en tête de me faire voter la Méluch'... Hu hu hu, l'homme qui me dictera mon vote n'est pas né. Et à têtu, têtue et demie...
Ecrire sur l'Ado et son déguisement du jour. Il est clair que cet enfant se sera révélé en seconde ! Lui qui a toujours détesté le moindre déguisement, le moindre maquillage, voilà que dans le cadre de la semaine des arts, il va passer la journée en je ne sais plus qui, ou quoi, mais a passé sa pause de midi, hier, à courir le centre ville à la recherche d'une paire de chaussettes vertes. Evidemment, là, je suis quelque peu scotchée. A vrai dire, j'aurais préféré, je crois, qu'il se révèle en bosseur, ce serait plus reposant pour les parents que nous sommes et également plus rassurant pour son avenir...
Ecrire sur les projets qui commencent à se dessiner. Le budget est arrêté (merci Papa, merci Maman, Merci Mme la Grand Mère de M.Parfait...). Dans deux semaines, nous y serons et passerons nos deux jours à visiter des appartements. Enraciner mes pieds dans cette terre catalane me paraît d'une telle évidence... Tatie est partie trois ans trop tôt... [Serrement au coeur] mais je lui avais dit, qu'un jour je le ferai...
Ecrire sur ce dîner de mercredi soir, avec une copine, négligée depuis deux ans. Plaisir autour de ce porc au caramel. Plaisir de nos retrouvailles, plaisir à refaire le monde, plaisir à philosopher autour du couple... Ouuuf, toutes les copines n'ont pas changé durant cet intermède estudiantin...
Ecrire sur mon incapacité à lire, actuellement. Les bouquins continuent à s'entasser sur mon étagère. Une quarantaine, peut être, restent en souffrance... Pourquoi ? Plus envie. Plus la force, peut être...
Ecrire sur mes retrouvailles, apaisées avec le directeur de pôle, hier. Sa fonction principale n'est plus celle-ci. Ouf ! Un lien de cause à effet, sans doute. Il m'a dit qu'il débarasserait son bureau lundi. Re-Ouf ! Les paires de chaussettes sales dans l'armoire me haussent le coeur à chaque fois que je dois m'emparer d'un dossier...
Ecrire sur la démarche de M.Parfait. Ouf ! On y arrive ! 19 ans bientôt... mais il s'est lancé. Ouf encore...
Ecrire sur ce week end de dans cinq semaines ? Mais comme j'ai hâte !!!

Ecrire sur le concert de jazz de ce soir, dans notre antre ? Mes moustaches frisent tant j'ai hâte... de l'avant, du pendant, mais aussi de l'après...
Deux semaines. Deux-se-mai-nes. Putain, c'est long, parfois, deux-se-mai-nes...

Belle journée, les gens. Je vous embrasse, dans le sens premier du terme

 

Posté par Reve_d_ete à 09:05 - - Commentaires [3]
07 avril 2012

Stimulations sensorielles... Quoi d'neuf, Docteur ?

Ta silhouette qui grandit au fur et à mesure de l'approche du quai...
La force de tes bras qui projettent mon nez dans ton cou emplissant mes narines de ton odeur...
Smoooke, on the waaaaaaater... ta ta tam... ta-tam tatam... Deep Purple qui inonde nos oreilles... On a gagné 20 ans ! Que dis-je ? 30 ans !!!
L'évidence du vert de tes yeux... Ben ouais, tu as les yeux verts (de vipère, hu hu hu... après la couleuvre, hein...) !!! Enfin, gris ou verts ? Mais pas marrons ! Bref, indéfinissables, ça se confirme.
Mon ingéniosité pour défaire les agraphes de ce petit carnet et obtenir une page blanche...
La tienne, à propos d'autres agraphes.
Le crissement de ma plume sur cette page à la terrasse de Georges, attendant la fin de ton entretien, le ventre noué pour Toi.
Retrouver le plaisir d'écrire. Pour toi, pour moi... pour marquer des petites pierres blanches de Nous.
Cette mini-bagarre de baguettes au dessus de la sauce salée, un sashimi chacun, qui finit dans un éclat de rire et une sauce renversée... Supeeeeer !!!!! ;)
Cette longue étreinte, sur notre terrasse... au soleil.
Tes mains, encore et toujours dans mes cheveux...
Les miennes qui mesurent la longueur de ton fémur... Il est immense, ton fémur ! C'est dingue ! :)
Cette assiette de tout, comme préambule à cette escapade italienne...
Ce sourire qui éclaire ton visage lorsque tu apparais, au détour d'un virage. Tes sourires sont si rares que je prends chacun d'eux comme un présent précieux.
Cette photo où je ne me reconnais pas... et que j'aime tant, pourtant...
Le parfum fumé de ton Lapsang Souchong auquel je ne m'habituerais jamais. Pouah ! Ca puuuue !!!
L'intonation de tes "oui", celle de tes "super"...
La vibration de mon portable alors que Cali me fait vibrer...
Ce concert pour Mazarin... Charlélie et son "aime moi"... qui vont rejoindre Miles et les Voice.
Le contraste entre la cannelle et la bergamote, l'un dans l'autre et fondant dans ma bouche... Ahem...
Les quais encore plus beaux avec Toi...
Nos pouffements de rire complices, tes yeux désespérés face aux pintades qui ont pollué notre déjeuner...
Ce rouge à lèvres rouge que tu aimes, puis que finalement tu détestes rien que parce que lui l'aime aussi.
Ce papier cadeau vert tendre à pois blancs, et les mots qu'il cachait ; la justesse de tes attentions m'émerveille... Ta sensibilité me touche.
Ta dextérité lorsque ta main s'aventure dans mon dos...
Sa douceur lorsqu'elle se pose en protectrice de mon pubis...
Sa tendresse lorsqu'elle effleure les contours de mon visage et que tes lèvres picorent les miennes...
Cette course sous ton épaule, la pluie d'orage battant nos corps et nos visages. Et pourtant, nous riions...
Que j'aime marcher sous ton épaule ; que ces 21 cm sont bienheureux...

Une question persiste :

Alors, sensibilité proprioceptive consciente ou sensibilité proprioceptive inconsciente ?
Hein ?

Posté par Reve_d_ete à 23:16 - - Commentaires [4]
04 avril 2012

Pause amère.

Depuis un an et demi je suis peu disponible, c'est rien de le dire. Je ne m'octroie plus que trèèèèèès occasionnellement des pauses déjeuner avec des copines, mais j'étais toute pleine de bonnes résolutions avec ce beau temps qui est revenu. Et donc, ce midi, j'ai déjeuné avec Elle. Vous vous souvenez ? Nan ? C'était là.

Nous ne nous étions pas revues, elle et moi, depuis cette date, sauf à nous croiser un après midi, en famille, chez nous, au mois d'août dernier. Pas d'appel pour la mort de mon père, pas de lettre, surtout pas de présence, tout juste trois mots sur un sms, ah non, quatre : "je pense à toi".

Et puis, il y a une semaine, comme ça faisait bien deux/trois mois qu'elle devait m'appeler mais qu'elle ne l'avait pas fait, ben j'ai décroché mon téléphone, et puis nous avons déjeuné ensemble ce midi. Je pense que ce sera la dernière fois. En tous cas, je n'ai plus la moindre envie de la revoir, et je ne compte, finalement, plus me forcer. J'ai eu la malchance de lui demander, dès que nous nous sommes retrouvées, comment elle allait, si elle était heureuse et j'ai donc eu, en réponse, droit à une logorrhée de deux heures, quasi non stop, sur son boulot, son mari, son amant, son fils, sa fille. Ouf ! j'ai échappé au chien et au lapin, de justesse mais échappé. Pas un mot sur ma vie à moi, sur comment je pourrais me sentir après tout ça, ou quoi ou qu'est-ce... et pourtant, en un an et demi, il s'en est passé des choses...

Ce soir je suis triste, amère. D'abord parce qu'une copine qui s'en va, c'est un pan de vie qui se tourne, mais surtout parce que j'ai gâché avec elle un moment rare ce midi, et que j'aurais mieux fait de rentrer à la maison et de lire pendant deux heures (ou de déjeuner avec une autre copine, ou un autre copain... enfin, bref, mille autres choses). Je crois qu'en tous cas, je comprends beaucoup mieux pourquoi ces copains sont isolés et n'ont pas de couples copains, ou pendant très peu de temps.

Comment a-t-elle pu devenir ainsi ? Ou alors, autre hypothèse (mais là, j'ai envie de gerber), comme j'étais grosse pourvoyeuse de chiffre d'affaires dans ma vie professionnelle précédente, et qu'elle était (et est toujours) commerciale, y aurait-il eu un quelconque intérêt et je me serais faite berner comme une bleue ?

En tous cas, ce soir, je suis fatiguée, triste et amère et ça se confirme, je ne comprendrai jamais rien au fonctionnement des nanas !

La semaine prochaine, je me suis octroyé trois vraies pauses déjeuner. Mais avec mec. Et ça, je maîtrise beaucoup moins mal...

Encore que... :)

 

Posté par Reve_d_ete à 20:15 - - Commentaires [2]


01 avril 2012

Tentative de retour...

Diiiiingue !!! Depuis le temps que je n'étais pas venue là, j'reconnais plus ma maison... Ils ont tout changé, les canalblguiens...
Ecrire me manque. Cruellement. Je m'interroge pour savoir où et comment écrire.
Ici ? Faire comme si cette parenthèse n'avait pas existé, remettre une cartouche dans le stylo-plume virtuel et reprendre là où je m'étais arrêtée ? Amusant comme je me demande, à présent, si je saurai retrouver le ton et la liberté qui avaient été les miens précédemment ?
Ou ailleurs. Sous un autre pseudo ?
Ou reprendre, tranquillement, un stylo plume non virtuel, dans le beau cahier à ruban offert par Coco ?

On va commencer par ce petit questionnaire qui m'a bien plu, et qui me permet, dans un premier temps, de retremper la plume dans l'encrier...

  1. Si on vous offrait une 25ème heure par jour, qu'en feriez-vous ? L'amour. Je ferais l'amour. Je cumulerais les sept heures de la semaine pour me concocter un après midi buissonnier hebdomataire, pour prendre le temps de la volupté et de l'émerveillement...
  2. Quelque chose que vous avez dû ou décidé d'arrêter de faire, et qui vous manque beaucoup moins que prévu ? Cesser de dire oui, de m'organiser toujours pour pouvoir toujours répondre oui à tout le monde, parfois à mon propre détriment. Je suis telle que je suis. On me prend ou on me laisse... Ben figurez vous qu'on vit beaucoup mieux...
  3. Copiez-collez le lien vers un de vos clips préférés. Hu hu hu, alors là, la colle ! Je n'ai évidemment pas de clip préféré...
  4. Un anglicisme que vous trouvez bien pratique, et que vous n'aimez pas remplacer par du bon français ? week end, mail...
  5. À quel(s) moment(s) avez-vous bien plus la sensation d'être un animal, plutôt qu'un être doué de pensée, de bon sens et de culture ? quand le réveil sonne, le matin...
  6. Le meilleur souvenir qu'un prof vous ait laissé ? ma prof de français latin de 4ème. Pas un seul souvenir, mais des centaines. Quand elle nous contait la mythologie.
  7. Vous ne vous décidez pas à vous débarrasser de... ces putains de variations hormonales, avec entre autres ces putains de kilos qui sont, je le pense sincèrement à présent, installés très durablement
  8. Quelle est la dernière coïncidence amusante que vous avez rencontrée ? Là, comme ça, j'vois pas, alors que ça n'arrête pas...
  9. Vous faites partie des rares personnes qui aiment... la cervelle avec juste un fil de vinaigrette (faites attention à pas vomir sur votre clavier...)

Bon, en dehors de ça, la vie est plutôt belle. Riche, intense, tourbillonnesque mais belle. Là est peut être l'essentiel...

Bon, alors, je reviens ou je reviens pas ????
A suivre...

Posté par Reve_d_ete à 12:12 - - Commentaires [10]
04 février 2012

Espérance...

Posons le décor... Un intérieur noir et rouge, sobre, élégant et moderne. Un homme, une femme. La cinquantaine tout juste dépassée pour l'un, qui approche pour l'autre. Deux théières brûlantes fument sur la table carrée où ils s'installent à chaque retrouvailles. D'ailleurs, on les salue avec un sourire, on les regarde s'installer et on prend leur commande sans un mot : un Jardin des Merveilles pour Madame et un Lapsang Souchong pour Monsieur ? Un sourire de connivence conclut la tirade. La serveuse s'éloigne, leurs mains se joignent et leurs yeux s'aiment en silence. Ils rient, parlent, se chamaillent, éclatent de rire, ont parfois de longues discussions sérieuses, ne disent rien, dans un silence abyssal, se racontent mutuellement une info qui a précédemment attiré leur oeil ou leur oreille, se font la tronche quelques minutes, parlent musique, cinéma ou projet de voyage, puis leurs mains se rejoignent et leurs yeux se désirent à nouveau. Sa main à lui soulève ses cheveux, elle soupire et se blottit contre son épaule. Sa main à elle glisse sous son pull juste pour toucher sa peau quelques instants...

Par un vif après midi d'hiver, la porte donnant sur la Médiathèque s'ouvre et déverse, à intervalles réguliers, qui un couple, qui une tête vaguement connue, qui un homme ou une femme seule, ou un groupe plus ou moins nombreux. Là, c'est au tour d'un homme, vieux beau sur le retour, la mèche blanche et dense, bracelets et bagouses en nombre (erk), suivi de près par une charmante septuagénaire, les yeux rieurs, le carré méché, la tête haute, le visage fripé comme une vieille pomme mais qui respire la douceur. L'archétype d'une adorable grand mère.
Rien ne les distingue d'un couple "normal" ; ils marchent l'un derrière l'autre, à distance respectable, puis s'installent à la table d'à côté.

Quelques secondes plus tard, ils se lèvent, et s'éloignent pour s'installer à une table plus loin, de l'autre côté...

Après quelques minutes, ils se lèvent à nouveau pour revenir s'installer à la table initiale, au soleil. Et ils se tiennent là, sur la même banquette, collés l'un contre l'autre, leurs yeux plongés les uns dans les autres. L'Homme passe alors son bras autour des épaules de la Dame qui se pelotonne contre lui, sa tête sur son épaule. Leurs bouches se joignent, des petits baisers fusent. Leurs sourires sont radieux, leurs mains ridées se caressent, ils murmurent et s'offrent quelques baisers, comme tous les amoureux du monde.

La dame porte une alliance usée à l'annulaire gauche...

Posté par Reve_d_ete à 20:18 - - Commentaires [6]
31 décembre 2011

2011...

Je n'aime pas les fêtes ; je l'ai écrit et ré-écrit... Je n'aime pas forcément non plus les bilans, mais cette année aura été si particulière.
Je ne crois pas le moins du monde aux astres, mais ma copine scorpionne m'avait dit, en début d'année, "accroche toi, ça va remuer..." Pour remuer, comment dire, ça a remué... voire ça remue encore. Cette année 2011 qui fut si particulière prend fin. Que sera 2012 ?

2011 si cruelle, si généreuse. Une année qui aura marqué l'aboutissement de quatre années d'obstination. Une belle réussite professionnelle ; deux diplômes décrochés haut la main, tête de promo. Mon ego si torturé en fut tout regonflé l'espace d'un instant. Car depuis, il a repris sa forme habituelle, merci. Tant et tant de riches rencontres, d'heureux moments, ces quatre vingts résidents et leur famille, ces soixante salariés et leur personnalité... ces 40 ans si magiques... ce niktapik en haut du Mont Gargan, si chaud à mon coeur... Et puis ce 9 octobre, à 23H33 qui est venu tout gâcher...

Je regarde des photos de mon Père, incrédule. Je ne parviens pas à imaginer que c'est fini, que je ne dirai plus jamais papa... que plus jamais nous ne nous heurterons sur tel ou tel point...

J'en parlais tout à l'heure au buveur de thé fumé avec qui je partageais un moment au terme d'une matinée shopping (oui, on fait ses cadeaux de Noël quand on peut), dans ce paradis du thé que j'aime tant et que j'ai hâte de faire découvrir à ces copines si chères... Difficile d'expliquer ce qui est si confus. Difficile d'expliquer pourquoi, et comment, le seul endroit où cette douleur diffuse s'apaise c'est face à cette pierre tombale, encore recouverte de plantes et de fleurs. Difficile d'avouer qu'au-delà de la douleur présente, lancinante, de l'émotion si difficile à contenir, il y a parfois presqu'un sentiment de liberté à certains moments. C'en est troublant.

Mais c'est sans doute ça, grandir...

Alors on va dire que j'ai beaucoup, beaucoup grandi en 2011... Mais ai-je grandi suffisamment pour voler seule ? Et je pense, invariablement dans ces moments, à Jonathan Le Goéland...

"Tu es libre d'être à l'instant toi-même, vraiment toi-même, et rien ne saurait t'en empêcher."

P1280010

Alors, en 2012 ? Chiche...

Posté par Reve_d_ete à 18:31 - - Commentaires [5]
11 décembre 2011

Deux mois...

Il y a deux mois que je n'avais pas écrit... Près de deux mois que je n'avais même pas poussé la porte d'ici. Merci à vous tous qui y venez encore, et qui avez commenté.

Je me suis longuement interrogée sur l'intérêt d'y revenir, et puis l'envie, vendredi, est revenue.

Papa n'est plus là, il se passe dans ma tête nombre de moments contradictoires. A certains moments, je m'interroge pour savoir s'il est normal que je souffre moins, voire plus du tout par moment. Je culpabilise lorsque je viens de passer un moment heureux et gai. Et puis, d'un coup, vendredi soir, alors que je recevais dans mon bureau une famille pour leur annoncer la descente inéluctable d'une résidente, qu'ils discouraient sur les vêtements à choisir, pouf, au moment du "je m'en fiche de la robe, je veux qu'elle soit belle, comme elle l'a toujours été" d'un monsieur de 91 ans, les yeux brouillés de larmes, je n'ai pas pu résister, et j'ai dû quitter mon bureau pour m'effondrer dans les toilettes, laissant couler toutes les larmes contenues au fond de mon coeur depuis plus d'un mois, sans pouvoir les arrêter.

Il paraît que c'est normal ; ma cadre me dit qu'elle, ça a duré pendant cinq ans... J'en suis à deux mois.

Ces deux mois ont été riches. Riches en affection, en amitié, en chaleur humaine, mais aussi, riches en emmerdements divers et variés avec un notaire qui cherche des noises. Maman me disait l'autre jour combien il fallait être riche, pour mourir, mais il faut aussi sortir de polytechnique pour les paperasseries diverses et variées... Succession [merci Véro, je n'ai pas encore pris le temps de faire le point sur les dates], pension de réversion [par contre, je suis scotchée de la disponibilité de service des retraites, et de l'organisation d'aide mise en place], et ma mère, à booster, encore et toujours... et comme il va me revenir un petit pécule, réflexion pour savoir quoi en faire, en attendant que mon projet se finalise.

Riches aussi en émotions. La soutenance de ce satanée mémoire, le 22 novembre, qui m'a permis de passer un petit moment avec ma Chère Bretonne. Je n'ai pas encore les résultats (demain ? Après demain ?) mais je suis sereine.
Et puis des choses qui bougent, chez mon employeur. Le rachat d'une boîte de 120 personnes qui fait passer l'entreprise à près de 750... A compter du 1er janvier, je serai seule aux commandes de ma petite organisation. Même si sur le fonctionnement ça ne va pas changer grand chose, il est cependant toujours plus facile d'être deux pour partager une décision que d'être seule. Mais c'est aussi l'aboutissement de cette longue marche entamée depuis près de quatre ans... Sourire, elle est loin, la VAE.

Voilà. En dehors de ça, pas grand chose. Noël approche et comme l'an dernier, je n'irai pas dans ma belle famille. Finalement, c'était facile de dire non. Il fallait juste oser une fois. Je n'aime pas plus Noël que je l'aimais, mais la perspective de retrouver cette année mon cousin et sa famille à ce moment là allège un peu l'ensemble.

Je voudrais juste, à présent, que le temps s'arrête un peu. Je me suis fixé nombre d'objectifs d'ici le 31 décembre, et je crains que les trois prochaines semaines ressemblent beaucoup à celle qui vient de se terminer, avec un compteur qui dépasse les soixante heures.

J'vous embrasse, les Gens

Posté par Reve_d_ete à 14:03 - - Commentaires [3]
13 octobre 2011

Papa,

Lorsque je suis née tu ne m'attendais pas, tu voulais un garçon. J'avais sans doute déjà pris de ton côté taquin, toi qui aimais tant plaisanter. Alors pour me venger, je t'ai fait passer plein de nuits blanches, pendant trois ans.
Puis c'est sur tes genoux que j'ai commencé à apprendre à lire, et nous avons partagé ce goût de la lecture. Je sais combien tu souffrais depuis le début de ta maladie de ne plus pouvoir lire, ou plutôt, de ne plus réussir à retenir ce que tu lisais.

Tu me parlais souvent de ta Maman, dont il semblerait que j'aie hérité de quelques traits du visage, de son caractère joyeux et convivial, n'étant contente que lorsqu'elle avait du monde chez elle. Quelle fierté lorsque Simone ou toi me disiez ça tant je sais combien tu l'as aimée, et jusqu'à ton dernier souffle.

Mais moi je sais que c'est Maman et toi qui m'avez transmis ce sens de l'Autre : la porte du N. était toujours ouverte pour qui passait par là. Le N., là où tu es né, là où tu as travaillé, durement, là où la vie t'a quitté en ce dimanche soir. Le N., tes racines. Cette terre à laquelle tu étais viscéralement attaché, le berceau de notre famille, là où tu m'as appris le sens du mot travail, parfois durement, parfois à 3 heures du matin, dans un pré, lorsque l'orage grondait au loin, là où tu m'as inculqué que rien ne tombait du ciel, que tout se gagnait à la sueur de son front, que l'argent économisé était le premier gagné.

Tu m'as appris ce que voulait dire le mot respect, tu m'as démontré l'importance de ne toujours compter que sur soi, de ne pas avoir à dépendre des autres. Et pourtant, dans le même temps, tu m'as toujours dit que seul on n'était rien, que l'amitié et la solidarité n'étaient pas des mots vains. Je crois qu'au fond tu étais un vrai généreux, un vrai philanthrope.
Tu as forgé le socle de toutes ces valeurs que je m'efforce de transmettre à mon tour à G, comme tu me les as transmises.

Bien sûr nous eûmes des orages toi et moi, parfois à fortes décharges électriques et émotionnelles, mais Maman a toujours dit que nous avions le même caractère. Mais c'est aussi ce caractère qui t'a fait nous préserver pendant ces dernières semaines : jamais tu ne t'es plaint ; jamais tu n'as fait montre de la moindre impatience, du moindre ras-le-bol. Tout au plus, vendredi, m'as-tu dit ton inquiétude de ne plus y arriver à la maison, que ton état devenait trop lourd. Mais vendredi, alors que nous discutions pour la dernière fois, tu m'as dit aussi à ta façon, avec cette pudeur bien à toi et teintée d'humour, combien tu étais heureux de ce chemin que nous poursuivions, D et moi, de cet avenir que nous construisions pour G, ton "Pitinou".

Aujourd'hui Papa c'est difficile. Difficile car depuis toujours tu me tiens la main, tu me regardes du coin de l'oeil, approuvant ou désapprouvant mes pas.
Je ne parviens pas à concevoir que ce puisse être fini, que maintenant tu ne vas plus vivre que dans ma tête et dans mon coeur, que cette lumière qui m'ouvrait la voie, qui me guidait souvent de façon invisible ne sera plus, que ce rocher sur lequel je prenais appui pour observer l'horizon de la vie a été englouti.

Mais qu'est-ce que tu vas me manquer, Papa...

Posté par Reve_d_ete à 09:47 - - Commentaires [14]