2011...
Je n'aime pas les fêtes ; je l'ai écrit et ré-écrit... Je n'aime pas forcément non plus les bilans, mais cette année aura été si particulière.
Je ne crois pas le moins du monde aux astres, mais ma copine scorpionne m'avait dit, en début d'année, "accroche toi, ça va remuer..." Pour remuer, comment dire, ça a remué... voire ça remue encore. Cette année 2011 qui fut si particulière prend fin. Que sera 2012 ?
2011 si cruelle, si généreuse. Une année qui aura marqué l'aboutissement de quatre années d'obstination. Une belle réussite professionnelle ; deux diplômes décrochés haut la main, tête de promo. Mon ego si torturé en fut tout regonflé l'espace d'un instant. Car depuis, il a repris sa forme habituelle, merci. Tant et tant de riches rencontres, d'heureux moments, ces quatre vingts résidents et leur famille, ces soixante salariés et leur personnalité... ces 40 ans si magiques... ce niktapik en haut du Mont Gargan, si chaud à mon coeur... Et puis ce 9 octobre, à 23H33 qui est venu tout gâcher...
Je regarde des photos de mon Père, incrédule. Je ne parviens pas à imaginer que c'est fini, que je ne dirai plus jamais papa... que plus jamais nous ne nous heurterons sur tel ou tel point...
J'en parlais tout à l'heure au buveur de thé fumé avec qui je partageais un moment au terme d'une matinée shopping (oui, on fait ses cadeaux de Noël quand on peut), dans ce paradis du thé que j'aime tant et que j'ai hâte de faire découvrir à ces copines si chères... Difficile d'expliquer ce qui est si confus. Difficile d'expliquer pourquoi, et comment, le seul endroit où cette douleur diffuse s'apaise c'est face à cette pierre tombale, encore recouverte de plantes et de fleurs. Difficile d'avouer qu'au-delà de la douleur présente, lancinante, de l'émotion si difficile à contenir, il y a parfois presqu'un sentiment de liberté à certains moments. C'en est troublant.
Mais c'est sans doute ça, grandir...
Alors on va dire que j'ai beaucoup, beaucoup grandi en 2011... Mais ai-je grandi suffisamment pour voler seule ? Et je pense, invariablement dans ces moments, à Jonathan Le Goéland...
"Tu es libre d'être à l'instant toi-même, vraiment toi-même, et rien ne saurait t'en empêcher."
Alors, en 2012 ? Chiche...
Deux mois...
Il y a deux mois que je n'avais pas écrit... Près de deux mois que je n'avais même pas poussé la porte d'ici. Merci à vous tous qui y venez encore, et qui avez commenté.
Je me suis longuement interrogée sur l'intérêt d'y revenir, et puis l'envie, vendredi, est revenue.
Papa n'est plus là, il se passe dans ma tête nombre de moments contradictoires. A certains moments, je m'interroge pour savoir s'il est normal que je souffre moins, voire plus du tout par moment. Je culpabilise lorsque je viens de passer un moment heureux et gai. Et puis, d'un coup, vendredi soir, alors que je recevais dans mon bureau une famille pour leur annoncer la descente inéluctable d'une résidente, qu'ils discouraient sur les vêtements à choisir, pouf, au moment du "je m'en fiche de la robe, je veux qu'elle soit belle, comme elle l'a toujours été" d'un monsieur de 91 ans, les yeux brouillés de larmes, je n'ai pas pu résister, et j'ai dû quitter mon bureau pour m'effondrer dans les toilettes, laissant couler toutes les larmes contenues au fond de mon coeur depuis plus d'un mois, sans pouvoir les arrêter.
Il paraît que c'est normal ; ma cadre me dit qu'elle, ça a duré pendant cinq ans... J'en suis à deux mois.
Ces deux mois ont été riches. Riches en affection, en amitié, en chaleur humaine, mais aussi, riches en emmerdements divers et variés avec un notaire qui cherche des noises. Maman me disait l'autre jour combien il fallait être riche, pour mourir, mais il faut aussi sortir de polytechnique pour les paperasseries diverses et variées... Succession [merci Véro, je n'ai pas encore pris le temps de faire le point sur les dates], pension de réversion [par contre, je suis scotchée de la disponibilité de service des retraites, et de l'organisation d'aide mise en place], et ma mère, à booster, encore et toujours... et comme il va me revenir un petit pécule, réflexion pour savoir quoi en faire, en attendant que mon projet se finalise.
Riches aussi en émotions. La soutenance de ce satanée mémoire, le 22 novembre, qui m'a permis de passer un petit moment avec ma Chère Bretonne. Je n'ai pas encore les résultats (demain ? Après demain ?) mais je suis sereine.
Et puis des choses qui bougent, chez mon employeur. Le rachat d'une boîte de 120 personnes qui fait passer l'entreprise à près de 750... A compter du 1er janvier, je serai seule aux commandes de ma petite organisation. Même si sur le fonctionnement ça ne va pas changer grand chose, il est cependant toujours plus facile d'être deux pour partager une décision que d'être seule. Mais c'est aussi l'aboutissement de cette longue marche entamée depuis près de quatre ans... Sourire, elle est loin, la VAE.
Voilà. En dehors de ça, pas grand chose. Noël approche et comme l'an dernier, je n'irai pas dans ma belle famille. Finalement, c'était facile de dire non. Il fallait juste oser une fois. Je n'aime pas plus Noël que je l'aimais, mais la perspective de retrouver cette année mon cousin et sa famille à ce moment là allège un peu l'ensemble.
Je voudrais juste, à présent, que le temps s'arrête un peu. Je me suis fixé nombre d'objectifs d'ici le 31 décembre, et je crains que les trois prochaines semaines ressemblent beaucoup à celle qui vient de se terminer, avec un compteur qui dépasse les soixante heures.
J'vous embrasse, les Gens
Papa,
Lorsque je suis née tu ne m'attendais pas, tu voulais un garçon. J'avais sans doute déjà pris de ton côté taquin, toi qui aimais tant plaisanter. Alors pour me venger, je t'ai fait passer plein de nuits blanches, pendant trois ans.
Puis c'est sur tes genoux que j'ai commencé à apprendre à lire, et nous avons partagé ce goût de la lecture. Je sais combien tu souffrais depuis le début de ta maladie de ne plus pouvoir lire, ou plutôt, de ne plus réussir à retenir ce que tu lisais.
Tu me parlais souvent de ta Maman, dont il semblerait que j'aie hérité de quelques traits du visage, de son caractère joyeux et convivial, n'étant contente que lorsqu'elle avait du monde chez elle. Quelle fierté lorsque Simone ou toi me disiez ça tant je sais combien tu l'as aimée, et jusqu'à ton dernier souffle.
Mais moi je sais que c'est Maman et toi qui m'avez transmis ce sens de l'Autre : la porte du N. était toujours ouverte pour qui passait par là. Le N., là où tu es né, là où tu as travaillé, durement, là où la vie t'a quitté en ce dimanche soir. Le N., tes racines. Cette terre à laquelle tu étais viscéralement attaché, le berceau de notre famille, là où tu m'as appris le sens du mot travail, parfois durement, parfois à 3 heures du matin, dans un pré, lorsque l'orage grondait au loin, là où tu m'as inculqué que rien ne tombait du ciel, que tout se gagnait à la sueur de son front, que l'argent économisé était le premier gagné.
Tu m'as appris ce que voulait dire le mot respect, tu m'as démontré l'importance de ne toujours compter que sur soi, de ne pas avoir à dépendre des autres. Et pourtant, dans le même temps, tu m'as toujours dit que seul on n'était rien, que l'amitié et la solidarité n'étaient pas des mots vains. Je crois qu'au fond tu étais un vrai généreux, un vrai philanthrope.
Tu as forgé le socle de toutes ces valeurs que je m'efforce de transmettre à mon tour à G, comme tu me les as transmises.
Bien sûr nous eûmes des orages toi et moi, parfois à fortes décharges électriques et émotionnelles, mais Maman a toujours dit que nous avions le même caractère. Mais c'est aussi ce caractère qui t'a fait nous préserver pendant ces dernières semaines : jamais tu ne t'es plaint ; jamais tu n'as fait montre de la moindre impatience, du moindre ras-le-bol. Tout au plus, vendredi, m'as-tu dit ton inquiétude de ne plus y arriver à la maison, que ton état devenait trop lourd. Mais vendredi, alors que nous discutions pour la dernière fois, tu m'as dit aussi à ta façon, avec cette pudeur bien à toi et teintée d'humour, combien tu étais heureux de ce chemin que nous poursuivions, D et moi, de cet avenir que nous construisions pour G, ton "Pitinou".
Aujourd'hui Papa c'est difficile. Difficile car depuis toujours tu me tiens la main, tu me regardes du coin de l'oeil, approuvant ou désapprouvant mes pas.
Je ne parviens pas à concevoir que ce puisse être fini, que maintenant tu ne vas plus vivre que dans ma tête et dans mon coeur, que cette lumière qui m'ouvrait la voie, qui me guidait souvent de façon invisible ne sera plus, que ce rocher sur lequel je prenais appui pour observer l'horizon de la vie a été englouti.
Mais qu'est-ce que tu vas me manquer, Papa...
Un thé et un café, bien salés s'il vous plaît...
[Jamais cette catégorie n'aura été autant à propos...]
Vendredi matin, j'avais une réunion dans la cité qui m'a vue devenir bachelière. Il s'avère que vendredi matin, un copain pas croisé depuis belle lurette était dans les parages. Les rencontres téléguidées, c'est parfois surprenant... 24 H plus tard, je ne comprends toujours pas comment et pourquoi son sms est arrivé pile poil ce jour là.
Nous avons convenu de prendre un pot à l'issue de ma réunion : j'avais du temps avant le rendez-vous de 14 heures chez mes parents et lui pouvait m'atttendre car il ne devait être à Périgueux que pour 14 heures.
Il voulait que nous déjeunions, je n'avais pas faim le moins du monde. Il m'a trouvée les traits tirés, fatiguée (tu parles Charles), en résumé, pas en forme avec une sale tronche.
Je ne sais encore comment nous en sommes arrivés à parler musique... Enfin, si, je sais, le troquet passait RTL 2 et ça ne nous rajeunissait pas ! Il m'a alors dit : "il y a deux chansons que je ne peux écouter sans pleurer, même aujourd'hui à 50 balais... Un homme heureux et Mistral Gagnant"
Connaissant un poil sa vie, Sheller j'ai compris. En revanche, Mistral Gagnant... je ne voyais pas. A mes yeux grands ouverts, il m'a raconté : Tu sais, mon père, pour nous encourager, quand on avait une très bonne note à l'école (mais il fallait une vache de bonne note), il nous offrait un mistral gagnant, et comme on roulait pas sur l'or, que la fin du mois commençait souvent entre le 5 et le 10, c'était un gros cadeau qu'il nous faisait, il savait nous encourager. Ses yeux se sont troublés, une larme a roulé sur sa joue droite. [moi, les hommes qui pleurent, hein...]. Le coin droit de ma lèvre supérieure s'est mis à trembler.
Je pensais au mien, de père... Mes yeux se sont également troublés : lorsque j'étais enfant, très jeune, que mon Père allait acheter ses fichues doses de nicotine qui l'ont sans doute mené là où il est aujourd'hui, lorsque je l'accompagnais il m'offrait parfois un serpent en guimauve ou un collier en bonbons, et je rapportais ce cadeau tel un trophée, fière comme un pou : c'était Mon Père qui me l'avait offert et ses cadeaux étaient rares !!!
J'avais totalement oublié ce souvenir, c'est Ak. qui me l'a renvoyé, et tel le battement d'aile du papillon, cette anecdote a déclenché une vague qui nous a submergés, lui et moi. Mes yeux se sont mis à pleurer. En lui expliquant que mon père était en train de mourir, son oeil gauche est lui aussi entré dans la danse, lui aussi s'est mis à couler. C'était vraiment surprenant. Il a vraiment pleuré d'abord de l'oeil droit, puis après de l'oeil gauche, puis des deux. Il était devant son café. J'étais devant mon thé. Nos larmes ruisselaient sur nos joues, nous ne pouvions plus parler, juste pleurer en nous regardant, sans mouchoir, ni l'un, ni l'autre, incapables de bouger, de nous reprendre, juste terrassés par l'émotion. Il a fini par se lever et venir s'asseoir à côté de moi.
Je me suis caché le visage sur son épaule, hoquetant, serrée contre son torse à m'étouffer, son nez dans mes cheveux, sa bouche tentant de m'apaiser par des "chuuuut" dans mon oreille... Sa main gauche posée dans ma nuque, la droite caressant mon dos, comme mon père le faisait lorsque j'étais enfant. Cette pensée a rajouté de l'intensité à mes larmes. Cette situation était incongrue.
Peu à peu, au bout d'un long moment je me suis apaisée. Sa chemise à larmes rayures bleues et blanches était trempée là où était posé mon nez. Lorsque j'ai relevé la tête, les yeux sans doute bouffis et le nez morveux et rouge, je n'osais même plus le regarder, ni regarder quelque part qui soit, tant les quelques présents dans ce bar nous regardaient. La honte de ma vie, assurément.
J'étais incapable de finir mon thé, lui incapable de finir son café. Nous avons fui, partis marcher autour du lac. Mes yeux piquaient, mon nez coulait encore. J'étais muette et chancelante, incapable de dire un mot, accrochée à son bras, je marchais comme un automate. Il commentait les chataigners, leur reflet dans l'eau, faisait en sorte que le silence ne soit pas trop assourdissant.
Le soleil discret et le bleu du ciel rendaient ce jour d'automne presque beau ; je faisais la paix avec quelques-uns de mes souvenirs qui commencent à s'empiler dans la boîte. Il paraît qu'il faut en passer par là...
24 heures après, quand j'y pense, je suis encore toute chancelante de ce moment. M'être ainsi laissée aller est un vrai mystère, d'autant que j'ai beaucoup de mal à pleurer actuellement. Ak n'est pas un copain proche. Je n'avais auparavant jamais partagé quelques émotions qui soient avec lui, pas plus que nous n'avions partagé de choses particulièrement importantes, en dehors de quelques valeurs communes qui nous rassemblent et nous ont faits nous rencontrer, il y a une dizaine d'années.
Alors comment est-ce possible ????
Et pourtant, que ces larmes irrépressibles m'ont fait du bien !!!
Lorsque nous nous sommes quittés, je n'osais plus le regarder. J'ai fui comme une damnée. Je me suis arrêtée sur la route pour pleurer à nouveau un grand coup. J'ai reçu un sms dans l'après midi me demandant si j'étais bien rentrée. Je me suis contentée de répondre "oui. merci. Pardon".
L'envers du décor est que je me demande bien si un jour, j'oserais le revoir...
La douche froide !
Il devait être 16H30 lorsque le ciel m'est tombé sur la tête, hier soir.
En arrivant, ma mère pliait du linge dans la cuisine, la porte du séjour entrouverte. Faiblement j'ai dit : "il dort ?" et j'ai eu en retour, à très haute et très intelligible voix "de toutes façons, ça ne va plus être possible, il ne s'est pas levé aujourd'hui, il va falloir l'hospitaliser je crois, il descend très vite". Alors que je lui disais de baisser d'un ton, elle a haussé les épaules, me disant qu'il n'entendait sûrement pas.
Je me dirigeai alors vers le séjour où mon père était allongé dans son lit médicalisé, n'avait sûrement pas perdu une miette de cet échange puisque ses yeux se sont tournés vers moi alors que j'apparaissais, un voile de lassitude dans le regard. Ce regard, ce visage décharné m'ont fait l'effet d'une douche froide. En deux semaines, la dégringolade était énorme. Deux semaines !
Nous en sommes arrivés au stade final. Cinq mois après l'annonce. C'est une évidence. Il ne se nourrit quasiment plus, inturgitant péniblement les suppléments protéinés que ma mère le contraint à avaler. J'ai réussi à lui faire boire un verre d'eau hier après midi. J'ai frémi en voyant un pansement sur son talon, craignant que les nécroses ne se pointent.
Alors j'ai pris mon courage à deux mains : je viens ce matin de profiter du départ de mon père pour la dernière séance de radiothérapie pour affronter ma mère, et toute son arrogance, toute sa certitude. Je lui ai gentiment mis la tête dans le caca, car quoi qu'il se joue entre eux, de leur histoire de couple ou de 47 ans de vie commune, elle ne peut à présent se positionner ni continuellement en victime, ni continuellement en sauveuse pour que l'attention de tout le monde soit détourné de mon père pour se porter vers elle. Le temps de jouer les femmes héroïques est passé ! On est sur la corde raide, sur la fin de vie. Il faut savoir passer le relais car non, il n'est pas admissible, quand bien même elle serait son épouse, de lui répondre alors qu'il lui demande de l'aider à aller aux toilettes "tu as une couche, tu n'as qu'à faire dedans", et ce, quel que soit son état de fatigue, d'épuisement. Qu'elle ait des griefs, des comptes à régler, ou même rien, elle n'a pas le droit de lui reprocher de l'empêcher de dormir la nuit, puisqu'il dort le jour.
Puisqu'elle ne peut plus gérer seule, c'est clair, elle ne peut plus, elle ne supporte plus, la culpabilité de mille choses est forcément énorme, insurmontable, ce qui conduit à toute cette maltraitance, j'ai proposé de mettre la chambre du bas à leur disposition et d'organiser toute la mise en place des aides, à mon domicile, en accord avec MParfait et l'Ado. De tout organiser pour que la fin de vie de mon père se déroule chez moi, plutôt qu'à l'hôpital, pour que mon père ne vive pas seul sa dernière minute, son dernier souffle. Même ça, elle s'y oppose. Elle s'oppose à tout, c'est sans doute sa façon à elle de s'opposer à l'inéluctable.
Je suis tiraillée, écartelée... paumée.
J'ai appelé l'onco pour qu'il voit mon père après la séance de radiothérapie. Pour qu'il évalue la pertinence des options à prendre. Je l'ai fait, AUSSI, pour que mon père puisse s'exprimer librement, seul à seul avec l'onco, ce qu'il ne peut JAMAIS faire puisque ma mère est présente à chacun des rendez-vous, et répond systématiquement à sa place.
Je suis épuisée, et pourtant, la bataille ne fait que commencer. La vie est une échelle de poulailler : courte et pleine de merdes...
Ou comment j'ai appris que mon voisin d'en face portait des slips...
Pouah !!!
Nous avons une relation bizarre avec ce voisin de jardin... Dès notre arrivée, ils furent bien les seuls ou presque à nous saluer dans ce quartier qui voulait péter plus haut que son cul... Et puis leur gamin jouait au ballon et ne cessait d'envoyer les ballons chez nous. Ca crée des liens... Quelques années plus tard, ce fut notre tour.
Et puis, souvent, nous entendions des cris, forts, des mots d'oiseau voler... Un jour où sa tondeuse était tombée en panne, à l'heure de la sieste (yes yes yes !!!), et qu'il ne parvenait sans doute pas à la réparer, nous l'avons entendu hurler à sa femme "retourne à ton ménage". Glurps... Un autre jour, c'était un connasse au petit déj'... tant et si bien qu'un jour, la voisine a pris son chien sous le bras (quel soulagement) et s'en est allée voir ailleurs si l'herbe y était plus verte. Silence radio à partir de là. Un vrai bonheur.
Et puis nous avons vu ce voisin de plus en plus souvent avec une autre Dame, et comme notre ville est un village, j'ai appris que c'était la copine d'une copine puisque tous bossaient ensemble, dans la banque où l'on a justement nos comptes. Cette Dame, charmante, est morte à la fin du printemps, d'un vilain crabe, à tout juste 50 ans.
Bref, tout ça pour dire que notre voisin est désormais seul, qu'il invite des copains maintenant le week end, et qu'on l'entend picoler et rigoler, comme des mecs en goguette.
Cet aprem, alleluia, je bouquinais tranquillou au bord de la piscine, l'Ado bossait (yeux au ciel, c'est possible) pendant que MParfait faisait la sieste. Un dimanche d'été ordinaire, quoi... Le voisin s'est installé sur sa terrasse pour manger avec son pote. J'ai soupiré en me disant que vu son niveau sonore habituel, mon projet de sieste était fichu. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, je parcourais l'Obs que je croyais être de la semaine passée alors qu'il était d'un mois et demi. C'était juste pour être raccord au niveau de la météo... Sourire ! Les éclats de rire des deux mecs me donnaient le sourire, me faisaient penser à nos blablatages de filles... jusqu'à ce que le voisin se mette à narrer à l'autre ses aventures sentimentales.
J'ai assez vite compris qu'il était inscrit sur un site de rencontre, et que ça marchait pas mal pour lui... Mais si je n'ai JAMAIS entendu le moindre prénom, jamais entendu le moindre mot de respect ou de sympathie pour ces rencontres, en revanche j'ai bouffé jusqu'à plus faim de "bien roulée", "ne fait pas son âge", "la coiffeuse", "une blonde avec une paire de nibards mon pauvre", "une clerc de notaire de G...", "la blonde de P.." et j'ai bien failli m'étrangler lorsqu'il s'est exclaffé, haut et fort "j'ai rien compris ! J'me suis retrouvé sans fute sur son canapé, elle baissait mon slip, et en avant !"
C'en fut trop. J'ai plié les gaules [ahem] et j'ai décidé que c'était l'heure d'aller chez mes parents.
Vous croyez que j'devais lui dire, au voisin, que franch'ment, les slips, pour un mec, c'est has been... ;)
Le premier week end du reste de ma vie...
Naaan, ce n'est pas parce que je sors du cinoche et de voir le deuxième long métrage de Bézançon que j'utilise ce titre... quoi que. Sourire. Pétard ! deux films en une semaine... un an que je n'avais pas vécu ça !!! En même temps, "un heureux événement" est globalement plutôt décevant. Véééro, je n'ai pas eu la force de pousser la porte de "présumé coupable".
Premier week end post mémoire, donc... Premier week end à buller ! Et côté bullage, ça a bullé sévère ! Bon, ok, j'ai hurlé (intérieurement) sur ces bleus qui me désespèrent ! sur cet arbitre qui m'a agacée d'une force... sur la force physique de ces tongiens, aussi... Ok, j'ai aussi fait les comptes, début de mois oblige, cuisiné italien ce midi, faim de loup de l'Ado, participé à la tonte de la pelouse avec M.Parfait cet aprem, jardin en champ de bataille depuis trop longtemps... Mais en dehors de ça, rien ! Nada ! queud'chi ! Rien d'autre que dormir au soleil, lire, me baigner, rougir, flâner, papotter et magasiner... Yep ! Ce matin, j'ai acheté ma tenue de la soutenance, d'une rigueur à faire palir un évéque ! Oups...
Dire que ne plus avoir de pression fait du bien est largement en deça de la réalité... En même temps, il me faut au moins ça pour trouver au fond de moi la force d'affronter, demain, la déchéance physique de mon père, déjà prise en pleine poire, violemment, dimanche dernier.
Je pense souvent à vous, les Copains, lorsque je pénètre dans le séjour et que mes yeux y croisent dorénavant deux lits médicalisés puisque ma mère a estimé, elle aussi, devoir en bénéficier d'un... Oui, je pense à vous pour trouver la force, intérieurement, de fermer ma gueule... et pour l'heure ça marche.
Pourvu que demain...
Y'a quand même des trucs qui m'dépassent...
Je ne sais plus trop sur quel magazine (à moins que ce ne soit le livre de fesses) je lisais une violente diatribe contre le Mademoiselle encore usité, alors que le Demoiseau est tombé en désuétude... Déferlement des féministes, négation, inégalité homme/femme, demande-t-on aux hommes de préciser s'ils ont fauté ou non... et blablabla, blablabli...
Franch'ment, les bras m'en tombent.
Que des femmes, aujourd'hui, en soient encore à se focaliser sur des conneries pareilles me laisse pantoise et un peu désespérée sur la cause féministe justement. Faut-il donc qu'elles n'aient rien d'autre à fout' ou qu'elles vivent dans un monde parallèle pour monter au créneau là dessus ! Ou faut-il que leur QI avoisine le niveau de la mer pour imaginer que de tels combats vont réellement changer la cause des femmes...
Depuis fort longtemps, les pseudo féministes m'emmerdent avec leurs combats symboliques et d'arrière garde. Qu'elles se battent pour la non mutilation des petites filles, pour le droit au plaisir, pour une juste reconnaissance professionnelle, pour des représentations égalitaires dans les organes démocratiques de notre société, pour qu'aucun journaliste ne se permettent d'ironiser sur 15 années de douche commune (Jamais il ne se serait permis de le faire à François Hollande, ce mot ! jamais) et tant de choses qui, encore aujourd'hui, positionnent les femmes sur un statut d'infériorité...
Il y a quelques temps, un lien sur le livre de fesses me balançait sur un site de photos comment dire... de charme ? Alors tout dépend où l'on situe le charme... sourire. Cath', si tu me lis, ça va te rappeler quelque chose.
Surprise ! L'une des protagonistes posait dans des positions lascines et très clairement "objet" de plaisir... singeant une soumission très avilissante... reconnaissant, de fait, la domination masculine. Or il s'avère que je passe très épisodiquement sur le blog de cette Dame et que je tombe, régulièrement, sur des articles clairement estampillés féministe... et là, comment dire... je rigole doucement...
Enfin non, finalement, je ne rigole pas ! Je pleure de tant de connerie, et me dis que ce n'est pas avec de telles revendications (dont la pertinence et l'importance doivent quand même bien faire marrer les mecs) que la cause féministe avancera, et que c'est pas non plus demain que nos salaires seront réévalués de 30 % (moyenne d'écart à qualification égale entre le salaire d'un homme et d'une femme) !
Samedi soir, une copine directrice est passée à la maison pour valider administrativement un stage fait dans sa structure l'an dernier. A côté de sa signature, j'ai eu la surprise de la voir inscrire "directeur". Ca m'a scotchée. Nous avons échangé et alors que je lui disais que je tenais au titre de directrice comme à la prunelle de mes yeux, celle-ci m'a répondu que malheureusement, elle aussi, mais qu'elle devait bien reconnaître que la portée symbolique du mot n'était pas la même...
Désespérant non, enfin, pas désespérant pour la copine-directrice, mais pour notre société, non ?
Dé-pression
C'est une drôle de sensation qui s'est infiltrée en moi, lundi vers 16H30, lorsque la Demoiselle de la Poste, après 15 bonnes minutes d'attente a glissé les dix exemplaires dans un carton écrit Chronopost.
Le week end fut consacré aux relectures, de l'Océan à Limoges. D'ailleurs, je me faisais la réflexion du formidable outil qu'était Internet pour les rédactions de mémoire. J'ai principalement travaillé chez moi ; sans internet, j'aurais principalement travaillé dans une bibliothèque bordelaise, forcément...
Il est plié, remis ; les dés sont jetés. En arrivant au bureau, je l'ai déposé sur un coin du bureau, pour le remettre à l'équipe le lendemain, pour qu'elle s'en empare puisque beaucoup souhaitent le lire. Quand tout à coup, mes yeux se posent sur la couverture et je m'effondre. Une faute dans le titre... un "des" qui remplace un "80". Mon corps se met à trembler comme une feuille, je feuillette, incrédule, putain, il y a une faute dans le titre !!!!!!!!!! Je l'ai lu, relu et re-relu des dizaines de fois, veillant à la bonne place des accents... Il y a une faute dans le titre...
Il est trop tard pour changer quoi que ce soit, seul truc à faire me dit la directrice de la formation, au cas où le mémoire obtiendrait une note suffisante pour être publié, que le support servant à la publication soit, lui, conforme. Mon cerveau se met en marche et ma Chèèèère Pintade bordelaise mise à contribution. J'avais deux options, j'ai pris la plus "sage", sourire...
Qu'elle soit ici encore remerciée... et je vais, pour un gros mois, fermer la parenthèse mémoire qui aura tenu tout mon été en haleine, plombé nombre de beaux moments. J'ai souri dimanche soir lorsque j'ai constaté que j'avais écrit le premier mot de ce mémoire le 23 janvier... 8 mois ! Une gestation... Un accouchement...
ALors hier soir, comme tout était plié, je me suis pris ma PREMIERE soirée de vie normale depuis un an. En quittant le boulot à 19H30, j'ai filé direct au cinoche... C'était chouette
Sauf que finalement, c'était peut être pas forcément une bonne idée... J'ai vu tu seras mon fils. Emotionnellement, j'ai pas tenu le choc.
5 ans... NON ! 6 ans...
Six ans ???? Dingue !!!! J'étais persuadée que ça ne faisait que cinq ans que le Rêve d'Eté premier du nom était né mais non, c'était bien le vendredi 9 septembre 2005...
"Ca y est, j'me laaannnce....
Eh ben voilà, ça y est donc, je me lance ; à force de traîner à lire les blogs des autres... j'me suis souvenue d'une phrase répétée lors de mon enfance... pour recevoir, il faut savoir donner.
Voilà donc, grâce à vous tous, j'ai ressenti tout un tas de choses en parcourant vos écrits, de l'humour, de la tristesse, du bonheur, de l'espoir... Maintenant, à moi de voir de ce que je vais pouvoir vous donner, mais en tous cas, sachez que ce sera toujours avec sincérité.
Mais au fait, qui suis-je ? Ben, une trentenaire de la deuxième moitié, mariée, mère de famille, plutôt heureuse, passionnée par une foule de choses (politique - généalogie - broderie - lecture - musique... entre autres) et comme toute mère de famille qui allie ça à un boulot, très prenant, eh ben je cours tout le temps (pppfffttt...) Je ne sais donc pas si je serai très régulière dans mes écrits, mais on verra bien !
A bientôt donc (Posté par Reve_d_ete à 09:59)"
Que de changements dans ma vie, en cinq ans, merde SIX !!! J'suis rigide du chiffre, ce matin moi... J'ai fait de belles rencontres en six ans, très très belles rencontres même si maintenant, je ne pars plus à la recherche de nouveaux mots mais m'en tiens à mon cercle de fil rss...
Avant hier soir, je me suis lancée dans deux commentaires, vers deux blogs que je lis depuis des lustres mais que je n'avais jamais osé commenter... Pas facile d'oser ! Entrerais-je dans une conversation, ainsi, dans la vraie vie, sans crier gare ? Marrant comme avant ça ne me posait pas de problème et que maintenant, je suis plus sur la réserve.
J'sais pas ce que je vous ai donné, et si je vous ai donné, mais moi, j'ai beaucoup pris de vous... et rien que pour ça, je me devais de vous lancer un immense merci... et ne serait-ce que d'être encore là depuis bientôt 6 ans... Merci à Seb', THE first !
Et je me souviens ce matin (n'oubliez pas, nous sommes vendredi... sourire) de la période du géranium avec effroi puisque là aussi, l'anniversaire des 6 ans est proche, le déverso-blog fonctionne toujours à merveille. Pour preuve, mon post du 15 août m'a permis de prendre du recul et de la distance avec un peu moins de difficultés...
Mais ce que je retiens, principalement, ce sont les rencontres issues de ce blog, toutes ces rencontres... tous ces moments d'intense complicité que les non bloggueurs ont parfois un peu de mal à comprendre...
J'aime bien, aujourd'hui, ce qu'est devenu ce blog, même si plus personne d'autre que moi n'y écrit... cet espace de liberté soumis à votre regard bienveillant.
J't'embrasse fort, Coupain et Coupine de blog et maintenant de la vraie vie...
On souffle la bougie ? ;)



